
Mercredi 09 Avril 08.
Rendez-vous a 07h45 a lŽagence Colque Tours ou nous retrouvons Jean-Guillaume, Berenice et Ophelie. Nous quittons San Pedro vers 08h15 a bord dŽun minibus qui nous conduit, a travers un paysage desertique au poste frontiere dŽHito Cajón situe dans la Cordillere, au pied du volcan Licancabur (5960 m.). Au revoir le Chili !
Plus on avance, plus lŽaltitude augmente, on passe de 2200 a 4500 metres dŽaltitude au poste frontiere. Nous sommes en plein milieu du desert, entoures de montagnes et de volcans. La temperature est fraiche, pas un nuage, une carcasse de bus pourrit en face du poste. Notre souffle est court et la tete tourne. Ici, notre minibus nous abandonne. Nous payons notre droit dŽentree sur le sol bolivien (15 Bolivianos par personne soit 1,50 Euros) et nous voici avec un nouveau tampon sur notre passeport.
Deux 4x4 nous attendent pour la partie bolivienne. Nous sommes un petit groupe de 11 personnes. Nous faisons donc un groupe de 6 et un groupe de 5. Nous choisissons notre 4x4, plutot en mauvais etat, conduit par Hector. Nous voyagerons ainsi pendant trois jours avec Jean-Guillaume, Berenice et Ophelie.
10h00, cŽest parti sur les pistes ensablees. Les paysages sont impressionnants : desert, montagnes colorees et volcans. Nous arrivons a lŽentree de la Reserva Nacional de Fauna Andina Eduardo Avaroa. Le droit dŽentree coute 30 Bolivianos (3 Euros). Un peu plus loin, a la Lagune Blanche, nous petit-dejeunons et apercevons nos premiers flamants roses. Puis, apres quelques minutes de piste, un paysage unique au monde se devoile a nous : la Laguna Verde. Cette lagune, situee a 5000 metres dŽaltitude, eclate dŽune extraordinaire couleur verte au pied du volcan Licancabur. Le vent souffle tant quŽil cree une mousse blanche au bord du lac. Tout autour de cette lagune, ce nŽest pas du sable mais du sel et des plaques de glace. Des montagnes arides aux allures de volcans, parfois au sommet enneige, nous encerclent. Le contraste desert/neige est frappant. Bien que cet arret ait ete plutot court a notre gout, nous repartons deja. Le 4x4 leve la poussiere et nous secoue fortement. Notre route passe devant plusieurs petits rochers emergeant soudainement du sable, tel un tableau de Dali. Un peu plus loin, nous apercevons nos premieres vigognes en plein milieu du desert. Nous arrivons aux Termas de Polques (a 4200 metres) ou un petit bassin amenage autour dŽune source chaude offre une baignade relaxante dans une eau a 30 degres et face a un paysage andin extraordinaire. Jerome se baigne alors que Nathalie et Ti Wombat nŽy mettent que les pieds car lŽair est tres frais. On y voit aussi le passage des touristes...
Apres ce moment de detente, nous poursuivons notre route vers les geysers de Sol de Mańana a 4950 metres dŽaltitude. Sur ce terrain troue par les bassins de boues bouillonnantes, sifflent des fumerolles sulfureuse a lŽodeur dŽoeuf.
Nous arrivons enfin a la Lagune Colorada a 15h30. Ce spectacle de la nature nous emerveille a nouveau : cette lagune possede differents minerais lui conferant une couleur dŽun blanc eclatant contrastant avec la couleur rouge sang donne par des algues. Les montagnes alentour deviennent roses avec le soleil qui commence a baisser. Des lamas paissent sur les bords de cette lagune. QuŽils sont mignons avec leurs rubans roses aux oreilles les distingant des differents proprietaires. Des flamants roses, regroupes, se nourissent des richesses de cette lagune.
Au bord de la Lagune Colorada se trouve notre gite pour la nuit. Nous choisissons une chambre pour nous cinq seulement puis allons dejeuner a 15h30. LŽendroit est tres sommaire, les toilettes pas vraiment propres, lŽeau du robinet est glacee mais les lits paraissent confortables.
Une fois installes, nous partons bien couverts car ici lŽair est bien glace. Nous nous promenons sur les bords de la lagune jusquŽau mirador afin dŽobserver cette colonie de flamants roses, entouree de montagnes roses, des algues rouges, des plaques blanches et de cette terre recouverte de touffes dŽherbes jaunes, terre brulee par le froid. Un spectacle magique ! Mais le froid sŽintensifiant avec le vent et au fur et a mesure que baisse le soleil, nous retournons au gite. Ce froid fouette nos joues et nos cuisses. Notre peau est si seche quŽelle craquele et sŽirrite.
Malgre que le dejeuner ne fut servit quŽa 15h30, le diner ne change pas dŽheure et est servi a 19h00 precises. Heureusement, la nourriture compense lŽhebergement. Nous avalons une bonne soupe de legumes chaude suivie dŽune platee de pates pour terminer avec un mate de coca, une tisane a base de feuilles de coca pour diminuer les effets de lŽaltitude. Il faut dire que nous sommes a 4300 metres dŽaltitude.
Ce repas nous a rechauffe un peu. Avant dŽaller nous coucher, nous jouons au Trivial Pursuit avec Jean-Guillaume, Berenice, Ophelie ainsi que Bego et Paul, respectivement Espagnole et Anglais.
Nous nous couchons vers 21h30. Des fumeurs empestent le couloir (car le couloir est toujours moins froid que dehors), la fumee entrant dans notre chambre.
Nous avons loue un sac de couchage pour la nuit sur lequel nous rajoutons trois epaisses couvertures. Notre couchage est tellement lourd quŽil est impossible de bouger.
Pris dŽun migraine soudaine, Jerome se leve et court aux toilettes pour vomir. Certainement la fatigue accumulee a lŽaltitude.
Jeudi 10 Avril 08.
04h30, un vacarme se fait entendre du couloir et nous reveille tous. Ce sont les Israeliens qui se levent. Ils parlent fort, rient aux eclats, chantent a tue-tete. Encore heureux, ils nŽont pas mis la musique a fond comme la veille. Ils partent vers 05h15, 4x4 vrombissant avec coups de klaxon pour ponctuer le tout. Nous, il nous reste encore deux heures a dormir. Le bout du nez sorti fait sentir le froid alors on se recache la tete au chaud sous la couverture.
Notre petit-dejeuner est servi a 07h30 et a 08h30 nous remontons dans nos 4x4 respectifs et cŽest reparti ! Sur les pistes le 4x4 fait voler la poussiere qui rentre a lŽinterieur par les fenetres et par les trous des baffles. On crache la poussiere, la gorge est bien seche et le nez aussi, tellement sec quŽil saigne. Nous arrivons a lŽArbol de Piedra (arbre de pierre), ces formations de roche travaillees par lŽerosion et ressemblant a un arbre. Notre chauffeur Hector verifie la mecanique pour etre sur, comme a chaque arret. On pose tous les cinq devant lŽattraction du lieu puis nous repartons vers une autre lagune, la lagune Celeste, peuplee de flamants roses. Ceux-ci de leur plumage rose et noir se refletent dans lŽeau colorant celle-ci et rappelant les tons roses des montagnes alentour. Ils sŽenvolent majestueusement au-dessus de ces eaux calmes et peu profondes offrant un spectacle unique tandis que le ciel dŽun bleu tres pur se voile de nuages balayes par le vent laissant de grandes trainees blanches. CŽest la que Jerome casse lŽappareil photo, du moins le declencheur de la batterie annexe.
Nous poursuivons notre chemin quand soudain Hector sŽarrete : plus dŽessence. Il monte chercher son bidon sur le toit et remet quelques litres. Le paysage devient plus verdoyant, le sol se tapissant de mousses et les lamas nous regardant passer. Nous arrivons dans une vallee ou des troupeaux de lamas paissent dans le peu de vegetation quŽil y a. De minuscules villages en adobe sont implantes sur le bord de la piste alors que des murets de pierre delimitent des parcelles sur les flancs de la montagne. Une petite dame ramasse le quinoa, cereales cultivees par ici, cachees par la brassee dŽepis quŽelle porte.
Un peu plus loin, nous arrivons a Julaca. Un village perdu au milieu du desert aux portes du Salar. Une large rue principale en terre battue en fait son centre, longee de petites maisons de terre en toit de chaume. Il y a quand meme un terrain de foot qui se devine juste par la presence de buts. Une dame, accompagnee dŽun petit garcon, fait sa lessive au robinet. Nous imaginons lŽeau glacee. LŽinteret principal de ce pueblo (village en espagnol) reside en lŽexistence dŽune gare ou passe la ligne de chemin de fer reliant la Bolivie a la mer. CŽest peu peuple. Les seules personnes rencontrees sŽoccupaient a la lessive, a la toilette ou etaient des enfants sortant de la classe. On dirait presque un village fantome. DŽailleurs, a sa sortie se trouve le cimetiere aux tombes de terre aride.
Nous arrivons a notre gite, beaucoup plus confortable quŽhier (eau chaude, salle de bain dans chaque chambre) et ou il fait moins froid car nous ne sommes quŽa 3600 metres dŽaltitude. Le gite est entre des montagnes de cactus et au bord du Salar dŽUyuni. Nous admirons le camaieu de roses et bleus sur le salar au soleil couchant.
QuŽelle fut appreciee cette douche chaude pour son effet rechauffant et surtout, pour balayer toute cette poussiere accumulee depuis deux jours. Nos cheveux en etaient blanchis.
Apres un bon repas chaud, Jerome apprend a jouer au Backgammon a Jean-Guillaume qui gagne la partie !
Les lits confortables nous font nous endormir instantanement pour une bonne nuit reparatrice.
Vendredi 11 Avril 08.
Nous nous levons a la meme heure quŽhier esperant partir a 08h00 comme prevu mais Hector se fait attendre : il est parti a la recherche dŽessence pour notre 4x4.
Nous partons alors avec une heure de retard pour bruler les pistes du celebre Salar dŽUyuni, ce desert de sel. Des etendues de sel eclatant de blanc a perte de vue. Le Salar dŽUyuni est le plus grand desert de sel au monde couvrant 12 000 km2 a une altitude de 3660 metres. Ce desert est le resultat de lŽassechement et de lŽevaporation dŽune mer interieure il y a environ 10 000 ans. Ce paysage est epoustouflant, une terre de sel, que du sel blanc immacule. Notre traversee nous amene a la Isla de los Pescadores, une ile couverte de cactus et de coraux fossilises au milieu de ce desert de sel. Du jamais vu ! En fait, la couche de sel a une epaisseur dŽenviron 20 a 30 centimetres poses sur une couche de roche recouvrant une grande nappe phreatique.
Nous continuons vers lŽHotel de Sel, un hotel entierement de sel, qui est, malheureusement, une structure illegale. A lŽinterieur, hormis ses chambres, il y a un petit musee avec des sculptures de sel. Et cŽest ici que nous pouvons enfin faire nos photos disproportionnees car il nŽy a aucune limite dans ce desert. Plus loin, se trouve une usine dŽextraction de sel. Ce sel est vendu en Bolivie et exporte au Chili comme sel de table. Nous refaisons quelques photos disproportionnees.
Apres ce site, se trouve un petit village ou des souvenirs sales sont en vente. Une petite vigogne erre dans la rue, encerclee par les touristes. Alors que Nathalie tente de la caresser, la vigogne lui crache la figure car cela ne lui a pas plu.
Notre periple, pas si facile que ca au final entre la poussiere, le froid et lŽaltitude, se termine aux alentours de 13h00 a Uyuni, une ville de 14 000 habitants.
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